Voiture en libre service- Convention Citiz

Conseil municipal du 21 octobre 2021

Devant les coûts d’utilisation et environnementaux d’une voiture, toute proposition de transition de nos mobilités est digne d’intérêt.

Encore faut-il que de tels projets soient travaillés de manière approfondie.

Ce dossier nous a été présenté en commission 15 jours avant le conseil. Nous avons posé la question de la motorisation électrique. Pas de réponse tranchée.

En réunion des présidents de groupe, il nous a été affirmé que ce serait une voiture hybride. Ce n’était pas forcément notre demande initiale, mais nous pouvions considérer que la direction prise allait dans le bon sens.

Nous trouvons inadmissible le revirement en séance revenant sur cet engagement. Comment continuer à croire à la parole donnée lors des périodes de concertation, que ce soit en commission ou en réunion finale des présidents de groupe, si ce qui est décidé est dédit en séance ?

Voici notre intervention exposant nos propositions pour améliorer cette mise en place d’une voiture en libre service. Nous n’avons pas voté contre cette délibération même si, hélas, aucune de ces propositions n’a été retenue.


Nous saluons la présentation de cette délibération qui s’attache à faire évoluer nos mobilités.Laurent Godard

Nous y souscrivons sur son principe mais avons soulevé plusieurs interrogations en commission qui ne sont pas toutes levées à ce jour. Comme toujours, l’enfer est pavé de bonnes intentions et le coût de 25 000 € de l’opération doit nous amener à être très vigilants sur l’efficacité de la mesure. Nous aurions aimé plus de préparation de ce projet en amont de cette délibération.

Concernant la motorisation, nous sommes heureux que vous soyez revenus, à notre demande en commission, sur votre décision initiale de choisir un moteur à essence. C’était pour nous un non-sens vis-à-vis des motivations de transition affichées.
Vous évoquiez la difficulté d’adaptation des conducteurs aux boites automatiques et vous retenez un moteur hybride, et donc une boite automatique. Dans ce cas, pourquoi ne pas aller jusqu’à un véhicule électrique pour aller au bout de la démarche, étant entendu que ce service d’autopartage n’est pas calibré pour de longs trajets ? (nous y reviendrons)
[1].

Considérant le coût d’investissement et le besoin d’évaluation nous comprenons de ne partir que sur 1 seul véhicule mais ce n’est absolument pas l’idéal pour lancer une telle opération. Cela va générer de la frustration, et donc un abandon de cette solution, si un utilisateur veut l’utiliser et que la voiture n’est pas disponible. Cette nouvelle mobilité ne prendra que si les utilisateurs peuvent s’en servir quand ils en ont besoin, sinon ils abandonneront cette solution ce qui sera contre-productif. Il faudra envisager de passer à une deuxième voiture pour gérer les usages simultanés, après évaluation.

Concernant l’emplacement, vous allez positionner cette voiture au niveau de Charminelle, sur le parking Sirand.
Le 24h/24 et 7j/7 c’est la mise à disposition du véhicule et ce n’est absolument pas son utilisation.
On va donc se retrouver avec une voiture ventouse dans l’hypercentre déjà très contraint, et encore plus les jours de marché.
Nous avons proposé en commission, en découvrant ce projet, de plutôt positionner ce service au niveau du pôle d’échange, comme à l’Arcade par exemple.

Concernant les tarifs, il y a deux points sur lesquels nous avons attiré l’attention.
Nous avons calculé rapidement en commission un coût de 15 à 20 € (suivant que l’on est abonné ou non) pour aller faire des courses à Voiron. Ce service est loin d’être bon marché et ne s’adresse pas à toutes les populations alors que ce service de voiture occasionnelle, au-delà des considérations environnementales importantes, pourrait s’adresser à ceux qui n’ont pas forcement les moyens d’entretenir un véhicule.

Concernant la consommation minimale de 250 € facturée, elle est envisagée comme un droit de tirage de la part de la commune (puisque facturé de toute façon). Vous avez évoqué une opération promotionnelle pour le lancement, qui reste à caler dans le détail. Pourquoi pas, mais nous attirons votre attention sur les populations cibles évoquées à l’instant qui en auraient réellement besoin.

Nous ajoutons également la suggestion d’utiliser cette voiture comme navette les jours de marché : une personne pourrait faire le tour de la commune, disons Le Chevalon – Centre Bourg et permettre ainsi à des personnes en difficulté de se rendre au marché. De plus, cela pourrait faire quelques voitures en moins sur les parkings de l’hypercentre, ce qui est toujours bon à prendre, surtout le vendredi matin.

Enfin, nous trouvons plus que surprenant d’avoir lancé ce projet sans avoir pris la peine d’avoir un retour d’expérience de communes déjà conventionnées, comme Voiron. Notamment pour l’analyse de l’utilisation, le temps de trajet moyen, la durée d’utilisation, les types d’utilisateurs, le bilan financier … Cela aurait été pour nous un minimum pour un projet crédible et perenne. Là vous nous demandez d’approuver une convention avant toute analyse d’opportunité. Vous êtes durs …

Pour conclure, nous ne remettons pas en cause ce projet d’autopartage, mais nous sommes plus que circonspects face à la faible préparation de sa mise en place.


[1] Contrairement à ce qui avait été discuté en réunion des présidents de groupe, la municipalité est revenue sur sa décision en se rangeant aux arguments de Citiz : une boite automatique serait un frein à l’utilisation car les gens n’y sont pas habitués; C’est bien le serpent que se mord la queue si on ne propose pas d’emblée cette motorisation … Et cette considération de Citiz est bien entendu à mettre en regard de ses exigences de bénéfices …