Compte Financier Unique 2025

Conseil municipal du 25 juin 2026

Ces délibérations sur les comptes financiers uniques (CFU) sont les dernières du cycle budgétaire 2025. Elles exposent la réalité de l’exécution du budget 2025. A ce titre, elles ne peuvent donc qu’être approuvées.

L’affectation des résultats proposée est la même que celle anticipée lors de la présentation du budget 2026. Là encore, pas de surprise. Nous sommes restés cohérents en nous opposant à l’affectation de celui de la chaufferie.

Ces délibérations sont généralement l’occasion de présenter la réalité de la situation de la commune en détail sur les différents postes de recettes et de dépenses. La majorité n’a pas jugé utile de le faire, se contentant d’un tableau global. Nous regrettons ce manque de pédagogie si ce n’est de transparence.

Une grande partie du débat a tourné, à juste titre, autour de l’abandon de la chaufferie de solaire thermique de Pignéguy. Sans même lancer la moindre concertation, la majorité décide d’abandonner le projet et de renoncer aux 2,5 M€ de l’ADEME pourtant acquis.

D’autres décisions fortes sont visiblement actées mais sans aucune information ou débat public. Ce n’est pas pour nous une méthode saine d’exercice du pouvoir.

Voici le texte de notre intervention en séance.


Le CFU traduit la réalité des dépenses et recettes de l’année précédente, donc les comptes arrêtés au 31/12/2025.

Il doit être voté avant le 30 juin. Nous sommes donc encore une fois proches de la date limite. C’est un peu moins grave que les années précédentes, du temps du compte administratif, puisque les résultats ont déjà été affectés lors du vote du budget de cette année. Il n’y a pas de surprise à ce sujet.

Le CFU, contrairement au budget, traduisant la réalité, il est l’occasion d’interroger les constats des évolutions, de chercher à les comprendre pour éventuellement les corriger lors de l’exercice suivant.

C’est donc un moment fort pour la commune qui permet aux citoyens d’avoir une photo de la situation. Vous vous êtes contentés du tableau de résultat global. Je suis fortement surpris que vous ne soyez pas allés ce soir dans un peu plus de détails qui auraient permis aux Voreppins de comprendre la situation de la commune.

Sans rentrer dans un détail exhaustif, nous allons en parcourir quelques grandes lignes générant pour nous des signaux d’alertes forts

L’effet ciseau constaté l’année dernière semble contré. Nos recettes ont progressé très légèrement plus vite que nos dépenses. C’est une bonne chose. Mais cette amélioration ne nous semble malheureusement pas structurelle, car elle dépend de recettes volatiles comme les droits de mutation qui progressent très fortement du fait de la livraison de logements. Il est donc prématuré de considérer que l’effet ciseau est structurellement maîtrisé et l’inquiétude reste de mise.

Les produits des services évoluent de manières disparates avec des hausses de fréquentation ou des modifications des tarifs. Les raisons de ces évolutions devront êtres explicitées comme demandé en commission. Par exemple, pour l’école de musique, il sera nécessaire de vérifier si la baisse constatée est due à l’évolution des tarifs, votés mi-2024 et qui s’appliquent en année pleine pour la première fois, notamment sur la fréquentation des adultes suite à la très forte augmentation pour les QF les plus faibles. De même, la hausse des recettes de la cantine (+7 %, +30 k€), est-elle due à une hausse marquée de la fréquentation ou bien est-ce l’effet de la hausse tarifaire de 15 centimes, elle aussi en année pleine en 2025 ? Nous espérons que nous aurons des réponses lors de prochaines commissions.

La masse salariale progresse de 4,6 % en 2025, bien plus que l’augmentation généralement admise d’un GVT de 2,5 %. Compte tenu des sommes en jeu, cela reste effectivement un point majeur de vigilance qui devra porter sur la trajectoire budgétaire et non pas sur la légitimité des agents au service des Voreppins.

Nous rappellerons la nécessaire vigilance également sur les contrats de prestation déjà soulevée lors du vote du budget en avril : vouloir transférer de la masse salariale vers des contrats de prestation externes n’est pas nécessairement le bon calcul. Ces contrats comportent fréquemment des clauses de révision tarifaire annuelle qui ont, par le passé, grimpé de 4 à 5 %, parfois bien davantage selon le contexte (jusqu’à 10 % certaines années). Économiser sur la masse salariale pour dépenser davantage en prestation permet de diminuer la ligne des RH mais n’est pas une bonne affaire au final.

Sur l’équilibre général, le fonctionnement dégage un résultat positif de 1,3 M€, l’investissement un déficit de 2 M€ pour un déficit de l’exercice de – 750 000 €.

En première analyse simpliste cela peut paraître très alarmant. Mais ce chiffre ne doit pas être lu isolément.

La stratégie systématique des deux mandats précédents, que nous n’avons jamais cautionnée et que nous avons toujours remise en question, a consisté à thésauriser pour financer l’investissement par à-coups. Le résultat consolidé, qui intègre les résultats antérieurs, est positif à 4,9 M€, et reste positif pour l’exercice (2,3 M€) une fois pris en compte les restes à réaliser.

Ce déficit de 2 M€ en investissement est donc juste la concrétisation de cette stratégie. C’est la dépense réelle cette année des investissements programmés sur plusieurs années. Il est couvert par les 2,7 M€ du résultat antérieur en investissement.
Encore heureux dirons-nous …

En complément sur l’investissement, nous soulignerons, comme en commission, que les 450 k€ du plan informatique sont à considérer comme récurrents du fait de l’obsolescence du matériel de classe mobile. Il faudra prévoir la même somme lors du renouvellement ; Il y a un réel travail à mener de ce côté avec l’ensemble des partenaires, et l’option de location évoquée ne sera probablement pas la plus intéressante…

Enfin, se contenter de cette alerte sur les – 750 000 €, c’est le brin d’herbe qui cache la forêt.

Ce qui est très inquiétant, c’est l’évolution de ce résultat en baisse et la structure de nos recettes.

Car ce qui est important pour nos capacités financières d’investissement, ce sont bien les excédents de fonctionnement.

La structure de nos recettes est fragile car plus 40 % de 1,3 M€ de l’exercice provient des droits de mutations (correspondant à la livraison de logement, +480 k€) et à l’augmentation induite de l’assiette fiscale (+2,8 points en plus d’une évolution des bases de 2 points).

La commune devient de plus en plus dépendante d’une dynamique de construction et d’une recette volatile (les droits de mutation) pour équilibrer son budget de fonctionnement. Le jour où cette dynamique se ralentira, et elle se ralentira nécessairement à un moment ou un autre, la commune se retrouvera en difficulté si ce risque de plusieurs centaines de milliers d’euros n’a pas été anticipé.

De surcroît, nous constatons que le résultat de fonctionnement en baisse se traduit par une baisse de notre épargne brute, entamée depuis plusieurs années

L’épargne brute correspond à la part des recettes de fonctionnement qui peut être consacrée à l’investissement ou au remboursement de la dette. Sa dégradation continue (13,2 % en 2023, 10,54 % en 2024, 9,54 % en 2025) constitue à nos yeux le signal d’alerte majeur de ce CFU, bien plus que le résultat brut de l’exercice.

Concernant le cinéma, nous ne ferons pas de remarques particulières autres que celles déjà faites au budget. La baisse de fréquentation est celle constatée au niveau national. Notre cinéma a des atouts qui pourraient lui permettre d’avoir une situation moins mauvaise. Nous restons en attente, comme évoqué en avril, de l’exposé d’une stratégie opérationnelle pour dynamiser sa fréquentation.

Concernant le VER (Voreppe Énergie Renouvelable), nous précisons explicitement, avant toute observation, que le budget VER est un budget annexe autonome, autofinancé par les usagers de la chaufferie, sans impact direct sur le budget principal de la commune.

Le CFU du VER fait état d’un résultat de fonctionnement consolidé positif à 172 k€. Nous voterons en faveur de ce CFU, qui constate une réalité comptable, indépendamment de notre appréciation sur l’affectation qui en est proposée.

Comme évoqué en avril, nous ne sommes pas en accord avec l’affectation du résultat et son utilisation en investissement.

Nous avions déjà exprimé notre opposition à ce choix lors du vote du budget primitif du VER en avril. Transférer l’excédent de fonctionnement vers l’investissement a un effet dérisoire sur un emprunt de plusieurs millions d’euros, remboursé sur plusieurs décennies par les factures des usagers.

À l’inverse, ces mêmes 100 k€ maintenus en fonctionnement auraient eu un effet immédiat et visible : limiter la hausse tarifaire qui pèsera en cette année de forte tension sur l’énergie sur les usagers de la chaufferie, et sur la commune, elle-même cliente pour ses propres bâtiments publics.

Et maintenant que la centrale thermique est abandonnée, l’investissement de VER sera réduit à l’entretien courant ce qui rend encore plus inutile ce versement en investissement.

Car oui, nous avons eu confirmation, après insistance en commission, que la centrale thermique de Pignéguy est abandonnée.

La subvention accordée de 2,5 M€ n’a même pas été demandée à l’ADEME pour se donner le temps d’éventuellement retravailler le projet notamment avec les habitants. Cela a été une décision de principe de votre part.

C’est pour nous un non-sens de se priver d’une telle ressource sur un projet aussi important pour Voreppe.

Est-on trop riches ?

Et non, d’expérience, je ne peux pas partager votre optimisme « Il y aura d’autres subventions ». Pratiquant depuis des années les revirements de l’état sur le financement des collectivités, les sources de subventions ont plutôt tendance à disparaître et quand on a l’opportunité d’en avoir une, et accordée à ce montant de surcroît, on y regarde à deux fois avant de la mettre au panier.

En plus de tous ces aspects financiers, je voudrais terminer sur une remarque plus générale.

Vous répétez depuis votre élection, il y a 3 mois, que vous arrivez et que vous besoin de temps pour découvrir avant de prendre des décisions.

Nous vous en avons donné quitus. Le budget voté en avril ne peut vous être attribué mais par la suite toute décision doit l’être.

Et plusieurs points méritent d’être cités.

Nous avions demandé que les premières commissions soient l’occasion de présenter ce budget en détail. Cette présentation détaillée du budget en commission aurait permis à tous les élus, majorité comprise, de connaître précisément ce qui a été voté en avril. A ce jour, cette occasion de transparence et d’acculturation n’a toujours pas été rattrapée.

Vous nous aviez promis en avril une décision modificative budgétaire et d’exposer les premières orientations de votre plan pluriannuel d’investissement pour ce conseil de fin juin. Ce ne sera pas le cas.

Cela aurait pu s’admettre si vous étiez encore en phase d’introspection mais force est de constater que plusieurs décisions majeures ont été prises et que donc vous avez bien commencé à faire vos choix.

Des choix, que nous avons appris au détour de nos questions en commission, comme donc l’abandon de la centrale thermique mais aussi la remise en question du projet urgent de la rénovation de l’Arcade pourtant votée à l’unanimité en 2024, et même par des personnes de votre groupe.

Ainsi, le projet de l’Arcade s’il ne démarre pas très très rapidement au niveau des consultations devra encore être reporté. Les usagers auront encore des fuites sur le terrain pour encore au moins deux saisons (et les rustines qu’il faudra appliquer nous coûterons quelques dizaines de milliers d’euros comme à chaque fois).

Nous avons également entendu parler du bassin de la piscine. Sera-t-il fait cet été ? Quelle est la nature du projet ? Pour quel montant ? On ne sait pas …

Quels autres projets ont été actés ?

Ne vous méprenez pas. Nous ne reprochons pas à la majorité de prendre des décisions, qu’on les partage ou pas, et nous serions heureux d’en débattre …

Mais le leitmotiv du « temps de la réflexion » nous semble servir de justification au report de la transparence, alors que des décisions structurantes, elles, ont déjà été prises rapidement quand cela arrangeait. Ce temps est à sens unique : il s’applique à l’information du conseil municipal et des Voreppins, pas aux choix de fond.

Si vous prenez des décisions aussi fortes, c’est que vous êtes prêts. Il est donc temps de rendre au conseil municipal son rôle de débat et d’information institutionnelle des Voreppins.

Pour conclure, notre lecture des fragilités s’appuie sur une tendance confirmée sur plusieurs exercices, pas sur un accident de l’année : l’épargne brute recule d’année en année et passe cette année sous les 10 % ; la dépendance à des recettes volatiles, droits de mutation. Ce diagnostic, nous le rappelons, n’est pas nouveau dans la commune : nous le formulons depuis plusieurs années. Ce n’est donc pas une fragilité que la nouvelle majorité aurait créée, mais une fragilité structurelle dont elle hérite, et qu’elle a le devoir de regarder en face sans victimisation surjouée.

Sur la méthode, des décisions structurantes ont été prises hors du cadre d’information démocratique normal, rendant le délai invoqué pour « prendre le temps » désormais caduc.

Nous voterons ces CFU, puisqu’il s’agit d’un constat sur la réalité, et leurs affectations de résultat à l’exception de celle de VER.

Nous sommes désormais contraints d’attendre septembre ou octobre pour avoir une visibilité sur le Plan Pluriannuel d’Investissement ou vos premières décisions modificatives budgétaires.

Pendant ce temps que nous sommes obligés d’attendre, quelles autres décisions seront prises ?

On ne peut pas demander au conseil municipal de patienter sur la forme tout en continuant, sur le fond, à décider seul, sans avoir à s’en justifier.