Débat d’orientation budgétaire 2026

Conseil municipal du 19 février 2026

Ce débat d’orientation budgétaire se tient dans un contexte particulier.

C’est le dernier du mandat, avant les élections aussi se doit-il de transmettre une situation claire et anticipée à la prochaine équipe.

De plus, vous avez reporté le vote du budget à avril, après les élections, car l’on était incertains sur les contributions de Voreppe pouvant engendrer un trou de 600 000 € sur le budget, un impact majeur pour les finances de la commune.

Concernant ce report du vote du budget, nous avions demandé lors du dernier conseil municipal, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire, les éléments connus sur cette contribution et ses impacts et la présentation de plusieurs options d’ajustement budgétaire, avec leurs conséquences chiffrées.

Si un document de prospective générale du pays voironnais nous a bien été transmis, sans explication ni impact détaillé pour Voreppe, rien n’a été fait pour présenter les scenarios budgétaires possibles et leurs conséquences pour amener un véritable débat

Vous restez sur votre lancée : On présente un truc qui affiche des équilibres pour 2026, on prépare de son côté un budget 2026 qu’on laissera à la nouvelle équipe qui n’aura d’autres choix que de le voter (pour cause de date limite) et surtout on n’affiche rien des arbitrages qui ont été faits.

Nous réaffirmons notre position : Un budget, ça se discute, ça se vote et surtout ça s’assume.

Contrairement à ce qui avait été promis lors du dernier conseil, ce DOB n’indique pas de manière explicite les arbitrages, il faut deviner. On est obligés d’aller extraire des bribes d’information dans le rapport.

Alors allons-y.

La situation nationale est une donnée d’entrée sur laquelle nous n’avons pas prise. Elle a cependant des impacts directs, notamment par le vote du budget de l’État.

Alors, c’est combien la contribution pour Voreppe ? 600 000 € ? plus ? moins ?

Vous nous annoncez aujourd’hui que ce sera 300 00 €. Il aurait été bienvenu que l’on soient informés dès ce montant connu, alors que l’on a eu une commission il y a à peine une semaine.

Compte tenu de l’importance de cette somme, nous nous serions attendus a une analyse détaillée des impacts dans le rapport, et contrairement à votre promesse, il n’y a rien.

En fonctionnement, en regardant l’évolution des dépenses et recette du tableau page 6, on constate plusieurs choses

  • un effet ciseau installé. Nos dépenses plus vite que nos recettes et ce depuis plusieurs années
  • un rythme d’évolution annuelle des dépenses entre 3 et 5 % pour les années précédentes (2022-2025), prévu en 2026 à 4,7 % (notons que les chiffres donnés en commission sur les années antérieures sont différents)
  • ensuite, c’est magique on passe pour les années 2027 & 2028 à 1,5 et 2 % d’évolution de dépenses. Qui peut y croire ?!

Vous considérez qu’un paquebot comme le budget d’une ville de 10 000 habitants peut virer comme un hors-bord et que l’on peut piloter à vue.

Si vous justifiez ce ralentissement des dépenses par des économies, pourquoi n’ont elles pas été faites avant ? Y a t il une saignée sur les services aux Vorrepins à prévoir pour trouver 3 points sur 16 M€ ? c’est près d’un demi-million d’euros, une paille. (3 fois la subvention d’équilibre du cinéma municipal, l’ordre de grandeur du budget de l’école de musique ou de la restauration scolaire – hors personnel)

Le point le plus inquiétant est l’effondrement de notre capacité d’autofinancement. C’est qui permet de faire nos investissements. Nous avions alerté depuis plusieurs année et vous nous aviez toujours répondu que le résultat de l’année précédente vous laissaient sereins pour rééquilibrer.
Mais cette fois, ce résultat est pris par anticipation et la prospective du rapport montre que la capacité d’autofinancement continu de s’effondrer : 1,47 million en 2024, 810 000 euros en 2026, 647 000 en 2028. La prochaine équipe héritera d’une ville qui génère chaque année moins de ressources disponibles.

Et ce n’est pas nous qui le disons. Le rapport indique, je cite : « une vigilance est donc de mise quant à la fragilité de l’autofinancement dégagé ». Quand on reconnaît une fragilité, on est en droit d’attendre des mesures. On les attend toujours.

Le rapport indique une épargne nette de 75 000 euros sur 16 millions de budget pour 2026. C’est-à-dire qu’il n’y a pratiquement plus aucune marge de manœuvre et que tout emprunt nouveau fragilisera davantage nos finances. Or les investissements prévus en 2027 et 2028 nécessiteront forcément de nouveaux emprunts. Comment les assumer sereinement quand la marge est quasi nulle ? Là encore, le rapport ne répond pas

En investissement, le PPI est tout aussi opaque et inquiétant

Va-t-on devoir emprunter pour 2026 même avec un investissement divisé par 2 ? Ce n’est pas dit.

Mais ce qui est sur, c’est que l’investissement 2026-2028 représente plus de 18 millions d’euros.
Ce n’est pas finançable en l’état.

Ce sera inévitablement par un emprunt (comme le suggère les lignes des intérêts de la dette qui augmentent très légèrement en 2027 & 2028) mais on ne sait pas sur quel montant et avec quelles hypothèses et priorité d’investissement.

Anne Gérin nous a assuré en commission que ce PPI était financé, mais elle refuse de dire comment et de l’exposer et de dire aux Voreppins comment elle financera 18 millions d’investissements avec une épargne nette de 75 000 euros.

Ainsi, le problème des 600 000 euros a été résolu en décalant les investissement. C’était une hypothèse prévisible que nous avions évoquée.

Investissements décalés, mais pas en étalant, en faisant un véritable travail de phasage des dépense et des recettes. Non, on prend le gros paquet de dépenses de 2026 qui gênait et on le pose, là, tel quel, en 2027 et 2028

Difficile de faire plus simple mais aussi moins sérieux. Ce n’est pas un plan d’investissement, c’est un déménagement.

Et avec ce genre de manipulation, le décalage du budget 2026 ne se justifie absolument pas. Un après midi aura suffit à « résoudre » (entre guillemets) le problème mais en terme de solution, c’est plutôt mettre la poussière sous le tapis. C’est une stratégie, mais pas la plus responsable.

Ce pic d’investissement pour 2027 & 2028 n’est pas une solution perenne et laisse la charge aux élus du prochain mandat de travailler en profondeur sur les besoins incontournables de la commune. Tout en leur laissant un budget 2026 imposé et qui ne prépare rien.

Pour ce qui est des opérations du PPI lui-même, nous pouvons citer entre autres

  • Le projet de la place Armand-Pugnot est affiché jusqu’en 2029 pour 5 millions d’euros. Bien entendu, ce n’est pas l’enveloppe finale. C’est le problème d’un PPI à 3 ans que nous dénonçons depuis des années.
    Nous stopperons ce projet de la place Armand-Pugnot et reverrons ses priorités qui sont l’animation de la grande rue, la vitalité de nos commerçants, l’école de musique etc… et non la pietonisation ou un sens unique de circulation. Tout sera remis sur la table avec l’implication de tout le monde : les riverains, les commerçants et tous les habitants.
  • Les travaux de l’Arcade ne commenceront pas avant 2027 et finiront en 2028 alors qu’ils ont été votés à l’unanimité en 2024 et que rien n’est fait depuis près de 2 ans. Pourquoi avoir attendu si longtemps alors que l’on dépense, depuis, plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des rustines de sécurité ? Les travaux ne commenceront même pas cette année. Vous aviez dit vouloir mettre la priorité sur votre projet de place Armand-Pugnot, on voit où ça nous conduit.
  • Pour les travaux de voiries, après 1,5 M€ en deux ans – le contexte s’y prêtait sûrement – il est affiché à 150 000 € pour 2026 puis 100 000 € pour les autres année. Une division par presque 10. Autant dire qu’aucune opération un peu sérieuse de voirie, comme la sécurisation, ne sera faite et que la ville devra se contenter de boucher les trous de la chaussée.

Vous présentez dans votre PPI vos orientations et priorités. C’est votre droit. Nous ne les partageons pas. Mais ce qui est reprochable c’est que vous ne dites absolument pas aux Voreppins comment tout cela est prévu d’être financé.

Pour conclure,

Ce DOB ne donne pas d’orientation et ne résout rien. Il se contente du très court terme et de mettre la poussière sous le tapis. La majorité actuelle, Anne Gérin en tête, refuse d’exprimer aux Voreppins comment elle va faire alors qu’elle est aux affaires depuis 12 ans.

Ce soir, c’est un passage de témoin, quel que soit le résultat du mois prochain. Les Voreppins ont le droit de savoir dans quel état ce témoin leur est remis — et ce DOB leur dit que la situation est difficile, mais n’anticipe aucune mesure à prendre. Une capacité d’autofinancement divisée par deux, une épargne nette de 75 000 euros, 18 millions d’investissements sans financement expliqué, les Voreppins méritent mieux.

Ce DOB n’est pas de la prudence mais plutôt une façon de vous soustraire à vos responsabilités.