Nous avons signé le pacte du Logiciel Libre

Le sujet que nous évoquons ici peut sembler très éloigné des préoccupations de chacun.
Et pourtant il a un impact bien réel sur le quotidien de notre commune et de ses habitants.

Notre collectif, par l’intermédiaire de notre tête de liste Fabienne Sentis, a signé une nouvelle fois « le pacte du logiciel libre »..

Cette démarche repose sur notre constat de l’approche actuelle du « numérique » et a plusieurs objectifs.

Le respect des standards ouverts, les codes sources accessibles et modifiables, la réactivité des concepteurs font du logiciel libre une ressource technique à la qualité reconnue. Même les géants du numérique l’exploitent intensivement puisqu’il fait tourner près de 90% des serveurs d’internet ou les téléphones portables à base d’Android !

À l’heure de la prise de conscience du retard européen sur son indépendance numérique, cela a des impacts très concrets pour notre société.

Et ce qu’il se passe à l’échelle des serveurs, des téléphones portables, existe également sur nos ordinateurs individuels.

La ville de Voreppe, c’est plusieurs centaines d’ordinateurs en comptant les écoles.

Lors de notre mandat 2008-2014, nous avons choisi, en accord avec les agents municipaux, de remplacer la suite bureautique Microsoft par OpenOffice puis LibreOffice sur tous les ordinateurs de la ville. La migration s’est très bien passée grâce à un accompagnement fort sur le terrain.

Ce choix n’a jamais été remis en cause depuis 15 ans.

La ville a même contribué, pour ses besoins, au développement de nouvelles fonctionnalités d’autres logiciels libres et mises à disposition de la communauté. Ce fonctionnement typique qui permet le renvoi d’ascenseur pour un accès gratuit aux logiciels, est un principe auquel nous tenons. Il contribue au partage de la connaissance et la solidarité dans notre société.

Cette bascule a par ailleurs permis une économie de plusieurs dizaines de milliers d’euros à la collectivité depuis sa mise en place.

Dans la continuité, d’autres migrations peuvent être réalisées.

Aujourd’hui, l’arrivée de Windows 11 impose à beaucoup, collectivités et particuliers, de changer d’ordinateur alors que celui-ci fonctionne encore très bien ! Cette contrainte subie par la seule décision d’une entreprise qui tient un quasi monopole, est à la fois une aberration financière et un gaspillage de ressources [1].

Cette situation n’a pas été anticipée et la Ville de Voreppe, comme beaucoup, se retrouve donc « prise au piège » avec ses centaines d’ordinateurs.

Des solutions existent, bâties sur des systèmes informatiques alternatifs. Notre Gendarmerie s’est affranchie de ces contraintes il y a longtemps, de plus en plus de collectivités évoluent dans ce sens, pourquoi Voreppe devrait s’arrêter en chemin ?

Si rien n’a bougé depuis 2014, la ville de Voreppe ayant choisi de vivre sur ses acquis, les agents municipaux utilisent déjà au quotidien des logiciels libres qui peuvent basculer tels quels sur des systèmes alternatifs.

La signature du Pacte du Logiciel Libre est donc un engagement à prendre au sérieux face à notre dépendance au numérique.

Nos propositions :

  • Nous reprendrons le travail initié avec comme ultime étape l’étude et, si cela s’avère pertinent, la réalisation de la migration progressive du système d’exploitation Windows vers Linux. Cette démarche se fera progressivement, dans le temps avec un accompagnement des utilisateurs municipaux. Si des logiciels métiers très spécifiques nécessitent encore Windows (c’est de plus en plus rare), des postes dédiés seront conservés.
  • Nous organiserons, avec l’aide du monde associatif, des ateliers à destination de la population pour découvrir la richesse des logiciels offerts. Par exemple à travers des « install-party » où des gens bien informés accompagnent les nouveaux dans la réutilisation de leur ordinateur.
    C’est un peu dans l’esprit des « repair-café » désormais bien connus sur notre commune. Car, oui, contrairement aux ordinateurs qui fonctionnent sous Windows, la richesse des applications libres permet de faire tourner des ordinateurs vieux de 10 ans sans problème.
  • Chaque Voreppin pourra, si il le désire, trouver un appui pour son usage informatique réduisant ainsi la fameuse fracture numérique. Cette aide viendra en complément d’autres mesures d’assistance pour les démarches administratives
  • Notre collectivité contribuera si possible au développement de briques logicielles dont elle aurait besoin et les reversera dans le pot commun, respectant ainsi le principe « l’argent public ne doit financer une fonctionnalité qu’une seule fois ».

Le pacte propose encore bien d’autres approches. Nous nous en inspirerons dès que possible et si cela s’avère pertinent dans notre contexte.

La démarche se fera sur le temps long avec pragmatisme et de l’accompagnement. C’est l’assurance de conserver des services publics opérationnels et la garantie du succès.


[1] En France, 90% de l’empreinte écologique d’un ordinateur est due à sa fabrication. Voir l’étude de l’Ademe sur l’impact du numérique